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mardi 25 janvier 2011

Prochain cercle de silence : dimanche 30 janvier 2011

Le prochain cercle de silence de Strasbourg aura lieu dimanche 30 janvier 2011 à 18 heures, Place Kléber, afin de protester comme chaque mois, contre la criminalisation des personnes démunies de papiers.

Chaque matin, le même trajet. Avant une journée de travail. Un homme parmi une centaine d’autres pareils, coincé sur l’autoroute A35, dans les embouteillages. Les yeux rivés sur le véhicule précédent. Chaque soir, le même trajet, la fatigue en plus.

A quelques mètres de là, au bord de l’autoroute, un homme se tient debout. Bruit incessant des voitures qui passent à toute vitesse sauf le matin et le soir où elles avancent comme des limaces. Autour de lui, quelques bâches, tenues par des piquets. Quelques vraies tentes aussi mais pas assez pour tout le monde. Les toilettes, un seau qu’on vide dans le canal. Et le feu qui ne s’éteint presque jamais, avec deux grosses casseroles posées dessus. Les cris des enfants couvrent à peine le bruit des voitures. Lazlo soupire : jamais il n’a vécu dans une ambiance pareille. Sa famille non plus, ni les autres familles et surtout pas la grand-mère qui se déplace avec un déambulateur. Dans la terre labourée par les pas, elle n’arrive pas à avancer, comme les voitures coincées sur l’autoroute.

En tout ils sont trente deux. Trente deux coincés entre le canal et l’autoroute. Pourvu qu’un enfant ne tombe pas à l’eau. Sans parler des rats et des problèmes pleins la tête. Manger, se déplacer, se laver, nettoyer les vêtements, surtout les enfants qui se salissent vite. Il faut être présentables à l’école et surtout à la Préfecture. Ils s’y sont déjà présentés à plusieurs reprises, on les connaît, on sait qu’ils sont là pour demander l’asile. On sait qu’ils ont quitté le confort de leurs maisons pour sauver leurs vies. Au bord de l’autoroute, Lazlo soupire, cette fois-ci de soulagement. Ici pas de danger de mort, on serrera les dents tant qu’il le faudra et bientôt, on pourra vivre normalement, sans la peur au ventre à chaque instant.

Retour de la journée de travail. Ce soir, comme chaque soir pareil, l’homme est coincé dans les embouteillages sur l’A 35. Fatigué. Il jette un œil sur la droite. Tiens, il n’avait pas remarqué, un homme qui se tient debout, au milieu de quelques tentes et bâches soutenues par des piquets. Encore un campement de gitans. Encore un ramassis de voleurs et de mendiants. Puis il avance, à nouveau de quelques mètres. Les yeux rivés sur la voiture devant. Les yeux grands fermés.

Janvier 2011. Presque deux ans plus tard : Tiens, le campement de gitans a été nettoyé, il n’y a plus personne. Car la préfecture avait l’œil sur eux. La moitié d’entre eux a été expulsée dans leur pays un matin glacial de janvier 2010, il y a déjà un an. Les autres ont eu le droit d’être entendus par l’OFPRA qui examine leur demande d’asile. Comme il s’agit d’une procédure « prioritaire », la réponse devait arriver vite. Depuis, d’hôtels miteux en hôtels miteux si ce n’est à la rue ou hébergés par des paroisses ou des citoyens, ils attendent. Attendent. Attendent jour après jour la réponse qui leur parvient enfin… 20 mois plus tard. Un rejet. Un rejet qui stipule que leur pays, « la Hongrie, état membre de l’Union européenne, peut être regardée comme respectant et protégeant les libertés et droits fondamentaux ». Presque deux ans à vivre comme des rats pour obtenir cette réponse lapidaire. Et désormais, à nouveau traqués, puisqu’ils attendent maintenant, jour après jour, l’arrivée de la police des frontières qui les expulsera en Hongrie, comme les autres. Lazlo est muet d’incompréhension et d’effroi. Il montre une photo du mur de ce qui fut sa maison, pillée depuis : une croix gammée avec l’inscription « Roms puants, vous mourrez » et une flèche dirigée vers une tombe. « C’est cela notre place, n’est ce pas ? ». Il bouche ses oreilles et puis ses yeux : « Comme les autres, le gouvernement français met le voile sur nous, personne ne veut voir ni entendre ».

PS : Leur histoire a déjà fait l’objet de deux témoignages que vous pouvez retrouver sur notre site : humilite.fr en janvier 2010 puis en août 2010.

Le Club de la presse a attribué son prix 2010 au cercle de silence de Strasbourg.


Courriel : cercledesilence.strasbourg@gmail.com

Site : humilite.fr

mercredi 24 juin 2009

Cercle du silence le 30 juin 2009

Le prochain cercle de silence de Strasbourg qui se tiendra le

30 juin 2009, de 18 à 19 heures

Place Kléber

sera dédié aux avocats qui dénoncent la restriction des droits de recours effectifs des étrangers en situation irrégulière et les menaces pesant sur ceux qui leur apportent leur aide.



"Nous, avocats, acteurs en première ligne de la défense des étrangers, nous nous interrogeons aujourd’hui : quels droits restent-ils aux étrangers ?

La tendance de ces dernières années a été de restreindre au maximum les droits accordés à cette population déjà fragilisée par la précarité de sa situation. Les réformes législatives successives n’ont eu de cesse de limiter les cas de régularisation de séjour. La mise en place de l’Obligation de Quitter le Territoire Français a réduit les délais de recours et a institué un contentieux complexe qui rompt l’égalité de traitement entre les étrangers et les autres requérants en droit administratif.

Cette rupture d’égalité risque d’être accentuée dans la mesure où il est envisagé de créer une juridiction spéciale qui ne traiterait que du droit des étrangers. La politique actuelle isole davantage les étrangers en tentant de faire le vide autour d’eux.

La CIMADE, qui leur apporte un soutien psychologique et juridique, lorsqu’ils sont placés en rétention, risque de disparaître et d’être remplacée par des associations fantoches. Seule la mobilisation des associations et de leurs avocats a permis, pour l’instant, le maintien de la CIMADE dans les centres de rétention, le juge saisi de leur recours considérant que l’attribution des marchés par le Ministère, ne respectait pas le droit des étrangers d’avoir accès à un recours effectif tel que prévu par la loi.

La mobilisation de tous doit se poursuivre pour empêcher par exemple que le gouvernement ne décide de faire disparaître de la loi ce droit au recours effectif pour les étrangers en rétention administrative.

Les aidants sont poursuivis ou inquiétés par la justice. Le GISTI fait l’objet d’une campagne de discrédit. Le climat de suspicion générale, la diabolisation de ceux qui oeuvrent pour faire respecter les droits humains des personnes en situation irrégulière a pu conduire à ce qu’une consœur du Barreau de Nice voit une plainte déposée contre elle pour diffamation pour des propos tenus au cours d’une plaidoirie où elle a osé comparer les méthodes de la Préfecture avec celles de la Gestapo. Il est indispensable de continuer à dénoncer les dérives de cette politique de lutte contre l’immigration qui s’assimile à une chasse aux sorcières où les aidants deviennent des criminels.

Nous plaidons pour que cesse cette dérive législative et populiste qui détruit des vies sous le prétexte de satisfaire des objectifs chiffrés" Syndicat des Avocats de France – Section Strasbourg – Présidente : Maître Nohra BOUKARA

Il y un an, à l'initiative de Médecins du Monde Alsace et de Parole Sans Frontière, le corps médical avait rejoint le cercle de silence pour dénoncer la banalisation de la violence faite aux étrangers démunis de papiers en déplorant "l'approche comptable des expulsions du territoire créant une véritable ambiance de chasse à l'homme et des pratiques inhumaines sans aucune prise compte des situations individuelles. La peur et l'insécurité envahissent la vie quotidienne de familles entières éberluées de subir dans le pays où elles comptaient trouver refuge la violence des pays qu'elles ont fuis".

Force est de constater que de nombreux professionnels voient leur pratique mise à mal par une politique mortifiante, voire mortifère, à l'égard des personnes démunies de papiers qui demandent leur aide.

vendredi 19 juin 2009

Manif contre le CGO

une manif contre le GCO à laquelle OBJECTIF CLIMAT s'associe.

Ce sera ce samedi 20 juin à Strasbourg.

Départ devant l'hôtel de région, place du Wacken à 14h30.



Des centaines de cyclistes sont attendus.

Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de chances de faire plier l'Etat qui promeut ce projet d'une autre époque.


La catastrophe écologique ?

Pas de panique, le gouverne-ment grenouille l’environnement et décide d’un moratoire sur les projets autoroutiers. Mais la crise déboule et, broum, il « relance » des projets ineptes dont le GCO. Bien qu’ici personne n’en veuille, que toutes les études démontrent que cette autouroute à péage est inutile et nuisible, les fossiles de l’état, de la région et du département en rêvent depuis plus de 30 ans... Ne nous laissons pas rouler dessus ! Rendez-vous le samedi 20 juin à 14 h 30 place du Wacken.


Le grand contournement ouest (GCO) de l’agglomération strasbourgeoise est un projet d’autoroute à péage — mais qui voudra payer ? — de 24 kilomètres. Il a été conçu dans les années 70, quand le pétrole était quasi gratos et les ravages de la pollution méconnus. Il coûterait 400 millions d’euros.

Contre bouchons et camions, le GCO est bidon !

Le GCO ne soulagera jamais l’A35, dont il ne captera que 4,6 % du trafic... Il ne réduira pas plus les encombrements à Strasbourg. La conclusion de l’enquête publique est claire : « le désengorgement n’est ni l’enjeu, ni l’objectif du GCO » ! C’est pourtant l’argument « béton » de ses partisans...

Si le GCO était construit, en contradiction avec le moratoire sur les autoroutes promis au « grenelle » de l’environnement :
* il encouragerait le trafic routier, dont le transport de marchandises, champion de la pollution ;
* il détruirait 400 ha d’excellentes terres agricoles ;
* il diminuerait la biodiversité, dans une campagne où flore et faune sont déjà fragiles (grand hamster d’Alsace, crapaud vert, etc.).


Et si cet argent était utilisé autrement ?


De nombreuses solutions existent, qui créeraient plus d’activité économique et plus d’emplois, et pour longtemps :
* développement des transports collectifs (TER et cars plus fréquents et moins chers, couloirs réservés aux cars et au covoiturage, trams-trains, parking-relais hors des bouchons...) ;
* des transports doux en complément (pistes cyclables entre tous les villages, parkings à vélo sûrs et gratuits dans les gares et les stations de tram-train, remorques derrières les cars...) ;
arrêt de l’étalement urbain et densification de la ville, en favorisant les éco-quartiers agréables (pour limiter les déplacements) ; transport de marchandises par rail ou voie navigable et diminution des échanges lointains (pour favoriser l’économie locale au lieu du yaourt de 9000 km...).


Qui est pour le GCO ? qui est contre ?


Strasbourg et les Alsaciens ne veulent pas du GCO : l’enquête publique a recueilli une majorité écrasante (84 %) d’avis contre ! Seul l’État et ses services, qui ne savent construire que des routes, sont pour. Ainsi que la région et le département, dont les dirigeants pensent plus aux élections qu’aux intérêts à long terme des électeurs...
Cette vélorution est co-organisée par : le collectif GCO non merci — qui rassemble 20 communes, 3 communautés de communes, des agriculteurs, de nombreux élus, des citoyens, y compris des automobilistes qui en ont marre des bouchons, Alsace nature, etc. —, la CREP, Greenpeace Strasbourg, Vélostation, Campus vert et Objectif Climat.

GCO y es-tu ? Que fais-tu ?

Dans les DNA du 16 mars 2009 : « Le projet de grand contournement ouest [...] a obtenu sa déclaration d’utilité publique en janvier dernier [...]. Onze mois plus tard, François Fillon a annoncé que le projet allait être relancé. Le chantier ne devrait pas débuter avant 2010 pour une mise en service en 2013 ou 2014, sauf retard supplémentaire. Plusieurs recours ont été déposés devant le Conseil d’État. »

C’est donc bien maintenant qu’il faut se mobiliser face aux promotteurs du GCO. Ils ne faibliront pas pour nous l’imposer, même si aucun ne veut vraiment payer pour ce projet. C’est le moment de faiblesse où lui asséner un coup décisif

mardi 31 mars 2009

APPEL A MOBILISATION: DELIT DE SOLIDARITE Mercredi 8 avril à 10H devant le Palais de Justice à Strasbourg

Objectif chiffré de reconduites à la frontière pour 2010 : 28 000
Objectif chiffré d’interpellations d’aidants pour 2011 : 5 500
(source : Loi de finances 2009)

Si la solidarité devient un délit,
nous demandons à être poursuivis
pour ce délit !

Aujourd’hui, en France, il est devenu criminel d’accueillir, d’accompagner, ou seulement
d’aider une personne en situation irrégulière…..

Le 18 février 2009, à 7 h 45 du matin, la police frappe à la porte de Monique Pouille, 59
ans, bénévole aux Restos du cœur et à l’association Terre d’errance. Depuis deux ans et
demi, cette femme organise les dons de nourriture et d’habits pour les migrants qui errent
autour de Calais dans l’espoir de passer en Angleterre. Elle recharge aussi leurs portables.
Les policiers lui on dit : "on vient vous chercher pour vous mettre en garde à vue, pour
flagrant délit d’aide aux personnes en situation irrégulière".

L'interpellation le 16 février 2009 d'Hamid, un sans-papier accueilli par la
communauté Emmaüs de Marseille Pointe-Rouge, s'est transformée le 17 février 2009,
en opération policière dans cette communauté. Ainsi, sur décision du parquet de Marseille
une perquisition a eu lieu dans la dite communauté Emmaüs aux fins de recenser la
présence d'éventuels compagnons sans papiers.
Dans le même cadre, Kamel un responsable de la communauté a été mis en garde à vue
pendant 6 heures le 17 février.
Ces faits s’ajoutent à une liste déjà longue de militants associatifs ou de citoyens
ordinaires poursuivis pour avoir manifesté leur solidarité ou agi avec humanité à l’égard
de migrants privés du droit au séjour. Alors demain, quels gestes du quotidien seront
punis pour remplir les objectifs du Ministère de l’immigration ?
- Votre médecin sera-t-il interpellé pour avoir soigné un sans-papier malade, ou
votre facteur pour lui avoir distribué son courrier ?
- L’instituteur de vos enfants sera-t-il inquiété pour avoir appris à lire à un enfant
dont les parents sont en situation irrégulière ?

Nous sommes tous concernés : parce qu’ avant d’être « sans-papiers », ces hommes,
ces femmes et ces enfants sont des personnes en difficulté, isolées et démunies et il est
de notre devoir de citoyen de les aider dans la dignité et le respect dû à chaque être
humain.

Alors si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce
délit !

Mercredi 8 avril 2009 devant les palais de Justice de Paris, Lille, Marseille,
Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Rennes et dans plusieurs dizaines de villes
en France, nous serons 5 500 à nous présenter comme prisonniers volontaires,
affirmant avoir, un jour, aidé un homme ou une femme sans papiers en difficulté.
Nous serons 5 500 citoyens décidés à rester des «aidants» !
Si vous souhaitez participer à ces rassemblements, vous pouvez vous inscrire et signer
l’appel national sur le site

http://www.delinquants-solidaires.org/

Merci de diffuser cet appel autour de vous.

SOYEZ NOMBREUX A NOUS REJOINDRE





Mercredi 8 avril 2009 à 10 h
devant le Palais de Justice de STRASBOURG


gisti, groupe d’information
et de soutien des immigrés